‘Le végétal pour écriture’
Le contact du végétal, des arbres, de leurs formes, l’émotion qu’ils produisent dans l’enchevêtrement des essences,
leurs imbrications de masses, de ponctuations de branchages génèrent en moi un langage.
Ma peinture est structurée de cette architecture, de sa narration.
Elle s’inscrit dans la filliation de Pierre Bonnard pour la couleur, de William de Kooning pour l’énergie et de Cy Twombly pour l’écriture.
Elle exprime par le geste et la couleur une multitude de signes et de signifiants qui ripent, râpent souvent comme des lapsus,
comme des jeux de mots ou d’esprit qui échappent et se transforment.
Devenue abstraction, cette écriture du paysage colorées et architecturées interroge.
Cette recherche de langage pourrait alimenter alors notre ruban de Möbius !
Symbole d’intérieur et d’extérieur cette bande dans une alternance incessante permet
un changement de face tout en restant sur la même face !
Elle rend visible puis invisible le réel et le symbolique, le conscient et l’inconscient, dans un mouvement
de va et vient perpétuel qui circule comme nos imaginaires entre ombre et lumière de nous-même.
Image et rapport de notre présence au monde.
Stéphane Talbot. Août 2025
« Le propos/
Comment traduire le propos d’une idée en peinture, son épaisseur, sa profondeur, lequel par cette image produite rencontrera dans le meilleur des cas, le regard de l’autre. »
« Le doute/
Le doute créé le questionnement, n’est ce pas ce que l’on attend d’une oeuvre ? c’est la non réponse qui est pertinente, c’est ce qu’il n’y a pas, qui fait que l’on aime. Je doute, je doute toujours, et c’est bien ainsi. »
« L’utilité/
Ecouter de la musique, regarder la nature. Prendre un stylo et écrire, un crayon pour dessiner; goûter, apprivoiser sans forcément aimer, dire, peut-être difficile. C’est surprenant ce que les choses les plus ordinaires parlent à l’imaginaire »
« Le regardeur/
Le regardeur regarde ! Nous sommes regardeurs. C’est imperceptiblement que l’on sait que cette image là, face à nous, à ce moment, est indispensable à notre vie. »
« La Liberté/ Ne pas trop accrocher le visible, en retenir une petite partie, extraire, abstraire. L’abstraction n’est rien d’autre, qu’une partie d’un tout. Partir, tourner, monter, descendre doucement, glisser, courbures tendres, incliner le trait, contourner par la brosse. La couleur bruisse, coule, s’arrête. Où vais-je ? L’origine est lointaine, l’arrivée périlleuse. Difficulté de poursuivre, dire sans mot. C’est passionnant, risqué. La liberté est un leurre. Les choses se constituent lentement.Il faut de la rage par moment. Il faudrait retourner, chercher de la poésie aussi, trois petits tours et puis s’en vont. Il faudrait que cela enfle, que cela presse, que cela parle ! »